BREAKING NEWS

Actrices et Supernanas : même combat? – partie 1

Dans ce qui constitue l’imaginaire collectif, un super-héros se voit constitué de quatre parties fondamentales: des capacités extraordinaires, un arsenal qui lui permet de rivaliser avec d’autres personnages dotés de super-pouvoirs, d’une double-identité et d’un costume. Le plus souvent, capes et collants sont précautionneusement rangés au placard quand ledit héros va au boulot ou balade son chien (notons que les super-vilains ont plus de difficultés à lâcher leurs costumes. Si ils s’habillent autrement, c’est souvent pour commettre des méfaits… déguisés en quelqu’un d’autre!).

Les super-nanas (super-héroïnes et super-vilaines confondues) ne dérogent pas à la règle, mais bien souvent, leurs costumes soulèvent des problématiques ou polémiques assez intéressantes à étudier sociologiquement, que ce soit en terme de comics ou dans la pop-culture en général. Une super-nana ne porte pas de costume juste pour animer vos moments de solitudes messieurs (oui, oui, toi là!). à l’instar de leurs confrères masculins, elles arborent elles aussi un vêtement distinctif qu’elles plient et mettent sur cintre lorsqu’elles reprennent le cours de leur vie. Leur costume est toujours porteur d’un message, d’une FONCTION et n’est donc aucunement un jouet ou l’objet d’un fantasme.

  • Incarner une personnalité
  • Véhiculer une idéologie
  • Prolonger une coutume familiale ou sociétale
  • être un costume de scène
  • être une extension indissociable des capacités de son porteur
  • être composé d’armes indispensables au passage de l’humain au “super”

Aujourd’hui, je décide donc de confronter mes super-nanas et leurs costumes à une super-entreprise que l’on ne présente plus: Hollywood. Grâce au DC Universe qui prend de l’ampleur et aux grands classiques sans oublier les loupés (on épargne personne), j’en viens à m’interroger sur la place qu’occupe les costumes de super-nanas dans le 7ème Art.

LA MAGIE D’HOLLYWOOD… ET SES LIMITES

La chatte de Gotham sort les griffes

La magie d’Hollywood, c’est de pouvoir modeler sa propre réalité visuelle afin d’apporter de la crédibilité à un personnage. Prenez Catwoman! Si au cours de sa carrière comics la chatte de Gotham a connu pas mal de styles vestimentaires à base de robes, capes et seulement tardivement des pantalons, le tout à grand renforts de violet et de vert, trois films ont totalement réinventés le costume de la jeune femme, à commencer par Batman Returns de Tim Burton, qui a grandement innové dans les matières, coupes et couleurs de son uniforme de voleuse. Exit les couleurs old school et criardes et bonjour le noir. Et le film a très bien su mettre en avant l’un des caractéristiques des costumes: l’équipement. Michelle Pfeiffer, dans l’une des scènes les plus mémorables du cinéma, se le confectionne elle-même et y intègre des armes. On pourrait donc se dire: si elle y arrive, pourquoi pas Jacqueline, ma voisine de palier? Avec de l’esbroufe et une bonne couturière, ça a l’air de passer?

Et bien parce-que dans la vie rien n’est facile, observez de très près la scène suivante et surtout la petite dame en combinaison noire (en ne faisant pas attention aux sous-titres russes).

Avez-vous remarqué ses prouesses athlétiques? Son incroyable saut dans les airs? Ses roues parfaites? Mais avez-vous surtout noté les talons plats lors de lesdites roues impossibles à exécuter avec des talons aussi hauts? Le trampoline puisque l’on se ferait très mal aux petits pieds avec un saut de cette taille? Pauvres cascadeuses humaines. Oui, car même avec le costume, vous ne remplissez pas la condition suivante: capacités surhumaines. Navrée.

Continuons de jouer au chat et à la souris en faisant remarquer qu’une actrice de cinéma semble être la personne idéale pour incarner physiquement le rôle d’une super-nana au cinéma. Sveltes, athlétiques, surentraînées, un costume ayant pour fonction d’épouser leurs formes afin de leur permettre d’accomplir des actes physiques éprouvants et exceptionnels ne devraient somme toute ne poser aucun problème…  La  Michelle Pfeiffer là, qui fait sa belle à lécher Batman et à dire Miaou à tout va, qui donne l’impression qu’être une super-nana c’est facile, si je vous disais que pendant le tournage, elle avait des malaises à longueur de journées? La faute au costume… méchant costume! Il ne suffit donc pas d’être sexy et bien apprêtée. Le costume n’est que le reflet d’un fait que l’on oublie bien souvent: un super-héros fait preuve de qualités physiques supérieures à la norme.

Permettons à Anne Hataway d’enfoncer plus le clou en nous répétant le même refrain en nous appuyant sur une ou deux scènes tirées du film The Dark Knight Rises de Christopher Nolan:

Le costume de cette Catwoman des temps modernes aux talons pointus et très aiguisés, comme le souligne aimablement orné d’un flingue le compagnon de John Daggett, est-il si confortable que cela? Ou n’est-il qu’un prétexte pour qu’il lui mate le popotin? à en juger par l’état de la main de Daggett et des roubignoles du compère, nous dirons qu’il remplit ici parfaitement le rôle d‘arsenal, tout comme pour ses lunettes/masque en forme d’oreilles de chat, dont nous tairons fortement la faute de script dans la scène qui suit:

Cependant, si on allait jusqu’à se demander si n’importe quelle humaine peut porter ce type de costume et donner l’illusion de super-capacités, malheureusement la réponse est encore, toujours, invariablement NON! La preuve en citation, petit cadeau maison de la belle actrice de 34 ans:

“J’ai été totalement transformée pour ce film. Pour être franche je n’arrivais pas à rentrer dans le fameux costume au début ! J’ai du aller à la gym pour y parvenir”, déclare t-elle. “j’avais seulement 15 à 20 jours pour perdre le plus de kilos possible.”

On est des méchant, on y peut rien nous !

 Je suis désolée mais dans les comics, Selina Kyle elle mange des pizzas, voilà, c’est dit. En parlant de pizza et de #pornfood partons dans de l’anecdotique mais ça fait du bien parfois. Y en a une, d’actrice, qui assume de n’être qu’une humaine avec un costume de cinéma. C’est notre Margot Robbie nationale qui a déclaré:

“En tant que Margot je n’aime pas porter cette tenue. J’aime manger des burgers le midi et après tu dois retourner sur scène, et porter un tee-shirt blanc moulant et trempé…C’est tellement collant que ça en devient embarrassant”

N’est donc pas Harley Quinn qui veut !  Pensez-vous que la super-vilaine s’arrêterait à ce genre de détail cosmétique? Dans le pire des cas, elle retirerait sa tenue et serait plus à l’aise en sous-vêtements (non, je ne suis pas influencée par un DC Animated récemment sorti… je vous dis que non!).

Empoisonnement par effets spéciaux

En parlant de cosmétique: en route pour du kitch, du vieux, du vintage, du Schumacher, je vous le donne en mille: Batman et Robin! Si le costume est travaillé (un peu trop, mais nous le verrons dans notre deuxième partie), les effets spéciaux donnent un réel et non négligeable coup de pouce au personnage de Poison Ivy. Mais ça mouline, ça mouline ! Lorsque l’on regarde les dates pourtant, Poison est le résultat d’une production de 1997 tandis que notre Michelle Pfeiffer devint Catwoman en 1992. Les effets spéciaux et le travail du réalisateur y jouent pour beaucoup dans la vision plus ou moins réaliste d’une supernana.

Wonder Woman prend du galon

Une autre Héroïne qui a beaucoup fait parler d’elle cette année: Wonder Woman ! Depuis le début de cet article, le constat est sans appel, une actrice est une femme ordinaire, dans un monde non-fictionnel. Ainsi, si effets spéciaux, aménagements de costumes et réalisations permettent aux actrices de se faire passer pour des nanas aux capacités extraordinaires, parfois, ça ne suffit pas. Les actrices doivent elles-mêmes développer ces capacités sur-humaines ou tout du moins essayer de s’en approcher à la sueur de leur front. Si nous avons constatés que nombres d’actrices ont dû perdre du poids pour tenter d’approcher le physique de leur alter héroïne, il ne s’agissait que d’un point esthétique nécessaire. Gal Gadot, elle, nous montre que l’habit ne fait pas forcément le moine. La preuve en est puisque Wonder Woman peut se balader dans le monde des Hommes sans costume mais en conservant ses capacités. C’est pourquoi elle déclara:

«Depuis que j’ai commencé ma formation, j’ai gagné environ 8,5 kg. Et tout est musculaire. Je me sens tellement mieux maintenant. Lorsque vous vous sentez fort, cela change tout: votre position, votre façon de marcher. En regardant les photos d’il y a cinq ans, je me dis: ‘Whoa, j’étais trop maigre. Ce n’est pas cool’. »

Hollywood, avec ses techniques évolutives et perfectibles de décennies en décennies, permet donc aux Comics de donner l’illusion du réel avec des actrices faites de chair et d’os, sans super-pouvoirs. Les actrices sont tantôt victimes de leur humanité tantôt forcées d’acquérir des capacités hors du commun pour supporter le rôle. Cependant, une zone d’ombre, flou et portant régulièrement à polémique, demeure et fera l’objet de la deuxième partie de cet article: la sexualisation des actrices et de leur costume de supernana. DC là, de bons visionnages !

… la Suite dans 15 Jours …

Ecrit par: Fleur G
Mise en page par: Fleur G / Robin M
Corrigé par: Fleur G / Robin M / Marina V
Comics Ovore le site qui dévore les plan … comic-book
« »
5 Wonder Coms

    La conciergerie du Geek

    07/10/2017 at 17 h 30 min

    Eh bien j’aime tes articles autant que tes reviews insta, tu es doué continu comme sa!!

      Fleur G

      08/10/2017 at 17 h 30 min

      Tu es adorable merci. J’espérais que mes articles intéresseraient mes instagramers préférés et ça marche ! Merci Comicsovore ! <3

    Nomalez

    07/10/2017 at 17 h 30 min

    Article très agréable à lire. Il y a aucun doute qu’il y a une différence entre la vie des actrices dans leur vie réelle et celle sur le plateau de tournage, mais c’est de même pour les mecs! De nos jours les hommes aussi doivent fournir des efforts pour rentrer dans la peau de leurs personnages.^^ J’ai hâte de lire la prochaine partie de l’article car la sexualisation des personnages féminins , c’est vraiment un sujet où il y a débat qui fait rage. Et de ce coté la parité hommes/femmes n’est aps toujours là, que ce soit au cinéma ou dans les comics. ^^

      Fleur G

      08/10/2017 at 17 h 30 min

      Hello Nomalez! Oui, la deuxième partie va être compliquée à rédiger mais très intéressante quand même! Tellement de polémique on le verra… pour des broutilles esthétiques qu’on en oublie qu’on parle de super-héros.
      Il va falloir qu’on revoir notre copie !

    Florent Bulles

    12/10/2017 at 17 h 30 min

    Article très intéressant et riche. Bravo. Il me tarde de lire la suite 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *