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Comme nous l’avons déjà souligné sur ComicsOvore, Glénat Comics frappe très fort avec sa nouvelle ligne éditoriale. Vous avez déjà pu apprécier Lazarus, Sex Criminals ou Drifter et vous avez à peine eu le temps de vous en remettre que la nouvelle vague de titres arrive et ça décoiffe ! Avec Furious, Glénat offre là encore un titre original, dérangeant et violent qui donne matière à réfléchir sur les travers de notre société contemporaine.

A première vue, si vous vous arrêtez à la première page, vous vous demanderez si vous n’avez pas affaire à un ouvrage pour adolescents, à mi-chemin entre un manga et un cartoon mais dès la page 8 vous changerez d’avis. Fiez-vous à la couverture, vous y trouverez de l’hémoglobine et une réflexion autour de l’utilisation des pouvoirs, de l’image dans une société surmédiatisée. Le scénariste Bryan JL Glass réussit à poser ces interrogations avec intelligence et le dessinateur Victor Santos convoque un style nerveux qui convient parfaitement à une série intitulée Furious.

Ce qu’il faut retenir avant d’être happé par la Fureur

Furious 1Surgie de nulle part, une super-héroïne qui se fait appeler la Vigie déboule dans son costume un peu kitsch au milieu d’une sordide affaire. Un couple séquestre d’autres gens et les torturent. La Vigie se précipite pour venir au secours des victimes mais, devant l’horreur de la situation, la jeune héroïne costumée devient incontrôlable et tabasse les bourreaux jusqu’à ce que mort s’en suive. La presse montre la scène en direct. Les journalistes s’interrogent alors sur les motivations et les excès de cette jeune femme masquée. La rage avec laquelle notre héroïne démolit les pervers lui fait gagner dans les médias le nom de « Furie », nom dont elle ne pourra finalement pas, semble-t-il, se débarrasser.

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Scénario : Bryan JL Glass
Dessins :Victor Santos
Editeur : Glénat
Collection: Glénat Comics
Sortie : 2015

Furious ou le combat contre soi-même

Si vous cherchez un comics avec des super-vilains aux pouvoirs surréalistes ou à la trogne patibulaire, passez votre chemin ! Furious, malgré le côté rétro du costume du personnage principal, est un comics sans autres super-vilains que les humains que nous sommes (ou presque mais là, je risque le spoil). Le premier adversaire que la Furie doit affronter, c’est d’abord elle-même et ses propres démons. Ce premier tome plante bien le décor après un démarrage en trombe et les origines de la Furie sont dévoilées au cours de cette aventure. Comme beaucoup de super-héros des univers Marvel ou DC, c’est un traumatisme, ou plutôt dans le cas présent une série de traumatismes, qui conduit l’héroïne à vouloir faire le bien. Furious 4Cependant, contrairement à Peter Parker ou Matt Murdock, Furie n’est pas une jeune fille sans histoire. Elle a un lourd passé et sa volonté d’agir naît sans doute de celle de vouloir réparer ses erreurs d’antan. Furie n’est pas non plus l’archétype du héros parfait qui refuse de tuer puisqu’elle massacre ceux qui selon elle mérite cette juste punition : le mal appelle le mal. C’est donc avant tout contre ses propres excès et son impulsion que la nouvelle héroïne doit se battre car on le sait bien : « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités » comme dirait l’oncle Ben !

Les démons sont parmi nous

Pas de scènes de possession pour expliquer la folie humaine. C’est contre nos semblables que Furie combat. Un couple sadique, une mère devenue folle, un psychopathe misogyne…les monstres que rencontre notre jeune superwoman sont bien réels ! Ils n’ont d’autres pouvoirs que de répandre le mal de manière sournoise et quotidienne et prospèrent dans un monde qui a baissé les bras.

C’est pourquoi, alors que Furie est détestée par une police à qui elle fait de l’ombre et critiquée par des médias en mal de sensation, elle est aussi aimée par le public et les petites gens qui comprennent bien qu’elle souhaite avant tout faire cesser l’oppression dont chacun peut être quotidiennement victimes. « l’Enfer, c’est les autres » a écrit Jean-Paul Sartre et c’est ce que montre Furious de manière très crue. Dès la couverture, on prend une giclée de sang dans la figure, il en va de même pendant tout le récit : personne n’est propre.

L’héroïne se laisse emporter par la fureur à qui elle doit son nom, les autorités sont impuissantes, les médias se repaissent de sang et de sensationnel, les monstres rampent parmi nous et le public se sent secrètement proche d’une femme masquée qui rend justice elle-même de manière expéditive.

Société, tu ne m’auras pas !

Furious est aussi un comics qui porte un regard sans concession sur la société spectacle qui ne produit que des starlettes névrosées, poussées à tous les excès, adulées puis oubliées par des foules versatiles. La Vigie est piégée dès le départ par les premières images publiques où on la voit massacrer sans vergogne le couple de sadiques. Ce sont bien les médias qui finalement lui accolent un nom qu’elle n’a pas choisi. Furious 2Comment gérer son image et une surexposition médiatique dans un univers régi par le spectacle, où, quoi qu’il arrive « the show must go on » ? C’est toute la problématique de ce récit, une problématique qui n’est pourtant pas nouvelle tant les héros comme Spider-Man connaissent bien les ravages que la presse peut faire sur l’image véhiculée.

En résumé, Furious est pour moi une bonne surprise, le scenario se tient bien et les enchaînements sont justes. Les rebondissements successifs donnent envie d’en savoir plus, même si les héros badass ne sont plus une véritable nouveauté. Furie est un personnage un peu agaçant dans un premier temps mais auquel on s’attache assez vite au fur et à mesure qu’on découvre son histoire. Le dessin pourrait rebuter ceux qui n’aiment pas trop ce style un peu nerveux proche du manga, mais il colle vraiment bien au récit. Un seul bémol : la difficulté de lecture de certains passages où les phrases sont collées pour souligner l’absurdité ou l’importance de telle ou telle parole. Mais ce n’est qu’un détail et on peut féliciter encore une fois Glénat de ce choix, de mettre en avant un comics qui traite de super-héros mais de manière peu orthodoxe. Si le sujet n’est pas forcément neuf, il est bien traité et le personnage principal est assez attachant pour qu’on ait envie de poursuivre l’aventure.

Ecrit par: Sonia D
Mise en page par: Robin M
Corrigé par: Sonia D
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