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Auréolé du succès planétaire de Walking Dead, créateur reconnu de séries aussi différentes que Marvel Zombies ou Invincibles, Robert Kirkman est un auteur prolifique au grand ravissement de ses fans et de ses éditeurs.

Robert Kirkman ayant dépoussiéré et remis au goût du jour la figure du zombie, il était désormais libre de s’attaquer à un autre grand mythe, celui de la possession et de l’existence des puissances démoniaques. Etant donné que j’apprécie Walking Dead, malgré le fait que le titre traine un peu en longueur, j’ai souhaité découvrir Outcast et voir ainsi une nouvelle facette du talent de Kirkman. Remercions au passage la formidable Claire, de la librairie Atheneaum à Beaune, qui connait trop bien mes goûts ruinant ainsi mon porte-monnaie et qui m’a conseillé ce comic.

Cette review est aussi l’occasion de saluer le travail de qualité réalisé par Delcourt Comics et son responsable éditorial Thierry Mornet dont le catalogue s’étoffe sans perdre en qualité bien au contraire. Sur la forme, le travail éditorial est soigné, le format choisi est un intermédiaire entre le format comics classique et une bd franco-belge, ce qui convient très bien dans le cas présent.

Pour ce titre, Kirkman s’est entouré du dessinateur Paul Azaceta qui a notamment travaillé pour Marvel et dont le style épuré met en avant les aspects effrayants de ce titre. Ajoutons à ce duo de choc la coloriste Elizabeth Breitweizer dont le travail sur les contrastes renforce l’ambiance glauque et effrayante.

Ce qu’il faut retenir avant éventuelle possession

OutcastL’histoire tourne autour du personnage de Kyle Barnes, un homme seul, accusé d’avoir frappé sa fille et sa femme. Pourtant, Barnes est persuadé qu’il est le jeu de forces obscures qui prennent possession des êtres qui l’entourent et qu’il est susceptible d’abriter en lui ou de pouvoir combattre. Quel horrible secret se cache derrière des événements traumatisants et qui sont les personnes étranges qui surveillent Kyle Barnes ? Pour le découvrir, vous n’aurez plus qu’à ouvrir Outcast.

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Scénario :  Robert Kirkman
Dessins : Paul Azaceta
Couleurs : Elizabeth Breitweiser
Editeur :Delcourt
Collection : Contrebande
Sortie : 2015

Outcast, un mix entre l’Exorciste et Damien la Malédiction ?

La thématique retenue par Kirkman fait inévitablement penser à l’Exorciste mais pas seulement. Oui, certains enfants sont victimes de possession dans cet album et la déformation des visages des sujets habités par le démon fait indubitablement référence au film de William Friedkin. On sent bien que Kirkman maîtrise parfaitement la filmographie inhérente aux possessions démoniaques et on trouve dans Outcast quelques références à des films aussi divers que Damien, la malédiction, Insidious, Conjuring ou encore dans un
registre moins bon Le Rite.

OutcastPour Kirkman toutefois, il ne s’agit pas dans Outcast de multiplier les effets avec des gens qui lévitent ou des éclairs qui pètent dans tous les sens. L’auteur souhaite prendre un parti « réaliste » car il veut explorer le monde réel au contraire de ce qu’il fait dans Walking Dead. Kirkman indique aussi son intention d’effrayer son lecteur autrement que par des zombies déchiquetant des morceaux de chair humaine. Il s’agit ici d’esprits qui dépècent l’âme et qui peuvent s’insinuer en chacun d’entre nous. Un homme qui bat sa femme et sa fille ? Une mère violente ? Un homme qui devient fou au point de massacrer sa meilleure amie ? Et si derrière tout cela se cachait le noir dessein d’un démon ?

Kyles Barnes, héros ou démon ?

Contrairement à la plupart des personnages principaux des films de possession, Kyle Barnes n’est pas prêtre ce qui permet à Kirkman de ne pas poser la religion comme solution dès le départ. Certes, le héros est accompagné d’un pasteur qui pratique des exorcismes. Pourtant, le pasteur n’a pas toujours de solution et les exorcismes ne fonctionnent pas systématiquement. C’est là que Kyle Barnes intervient. Ce personnage est loin d’être un super-héros, il est terré chez lui, à moitié dans le noir, sa maison est dans un désordre absolu. Kyle semble subir sa vie et ne rien vouloir en faire. Pourtant, il va devoir remettre un pied dans la réalité et affronter ses démons et ceux des autres car il semble doter d’un pouvoir particulier et entretient une relation « privilégiée » avec les puissances de l’Au-delà.

Outcast

Le traitement des personnages secondaires est aussi particulièrement intéressant car il n’y a aucun manichéisme dans les personnages d’Outcast : Kyle Barnes est fracassé par la vie après avoir été battu par sa mère et séparé de sa femme et sa fille ; le révérend Anderson est, lui aussi, rongé de culpabilité ; le beau-frère de Barnes, flic de son état, apparent bon père de famille, peut se révéler brutal. On baigne dans une ambiance oppressante, où l’on se rend vite compte que le danger est omniprésent, rampant et insidieux, et qu’on ne peut vraiment compter sur personne. D’étranges forces et des personnages tapis dans l’ombre accentuent la peur sournoise que le lecteur ressent, et le traitement graphique, ainsi qu’un choix judicieux des ombres et des couleurs, rehaussent encore le sentiment d’être pris au piège dans un monde démoniaque.

Outcast, quand un comics prend possession du lecteur

J’avoue, j’avais déjà un a priori favorable en achetant Outcast puisque j’adore Walking Dead et l’écriture de Kirkman. Je voulais donc essayer cette nouvelle œuvre et cette belle proposition de Delcourt avec un volume à l’édition ultra soignée. Sur la forme : aucune déception, Delcourt a respecté le chapitrage si cher à certains, l’éditeur a choisi un papier glacé qui met en valeur le travail du dessinateur et de la coloriste.

L’ouvrage remplit bien sa mission et insuffle une sourde angoisse au lecteur, si tant est, évidemment, que l’on soit réceptif à ce genre de propos et qu’on veut bien se laisser saisir par les partis-pris de Kirkman. Que l’on croit ou non à ce type de manifestations démoniaques n’est pas le cœur du sujet, l’essentiel est de s’attacher à la quête de Kyle Barnes et de bien vouloir avec lui explorer le champ des possibles.

Bref, personnellement, j’attends le tome 2 avec une grande impatience !

Ecrit par: Sonia D
Mise en page par: Robin M
Corrigé par: Phoenix Noire / Robin M
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